IPv4, un protocole universel pour transporter les données
Le protocole IP gère le transport de données sur Internet comme dans les réseaux locaux. En attendant IPv6, il assure parfaitement ce rôle malgré ses limites.
Explosion d'Internet oblige, le protocole IP (ou Internet Protocol), dont la conception remonte aux années 70 avec le réseau Arpanet de la Défense américaine, concerne toutes les entreprises, des plus petites aux plus grandes. Mais IP est un protocole universel puisqu'il concerne aussi les réseaux locaux. Sa version 4, qui doit gérer l'interconnection de réseaux hétérogènes, est basée sur un système d'adresses à 32 bits qui attribue à chaque machine connectée une adresse (ou numéro IP). Lors d'un envoi, IPv4 fait circuler des paquets d'information contenant, outre l'information elle même, les numéros IP de l'ordinateur de l'expéditeur et de celui du destinataire. Chaque paquet est traité et dirigé indépendamment des autres. Le protocole Internet se limite à assurer cette transmission des paquets de bits (ou datagrammes) entre les deux machines : il assure l'adressage des données, leur routage et leur fragmentation éventuelle. Il ne possède pas les fonctions supplémentaires que l'on peut trouver dans d'autres protocoles.
Adressage
Le protocole Internet distingue trois classes d'adresses. En fonction de la taille du premier des quatre groupes de chiffres qui forment l'adresse, on la dit de classe A, B ou C. Plus le premier groupe de chiffres est important, moins il reste de place pour les suivants. Les petits numéros sont donc réservés aux gros sous-réseau, et les plus gros attribués aux petits sous-réseaux. Une adresse de classe A consacre 7 bits au numéro du sous-réseau, une adresse de classe C en consacre 21.
Routage
Le choix d'un itinéraire de l'expéditeur vers la destination finale (ou routage) est réalisé par les routeurs grâce à l'en-tête du paquet. Chaque machine connectée au réseau possède un module Internet. Lorsqu'un utilisateur veut envoyer des données par Internet, le module Internet de son ordinateur élabore un en-tête contenant son numéro IP et celui du destinataire, et ajoute à cet en-tête les données proprement dites. Le paquet ainsi constitué est ensuite envoyé vers un routeur, dont le module Internet lit l'en-tête et envoie le paquet, soit vers son destinataire final s'il est suffisamment proche, soit vers un autre routeur. IPv4 précise une durée de vie du datagramme sur le réseau. Si elle est atteinte avant que le paquet ne soit arrivé à destination, il est détruit. Parvenu sur la machine du destinataire, le paquet est pris en charge par le module Internet qui en extrait les données.
Fragmentation
IPv4 fait circuler les paquets par des réseaux de nature et de taille diverse (fil de cuivre, fibre optique, faisceau satellite à gros débit…) et est donc capable de morceler puis de réassembler les longs paquets. Les modules Internet des différentes intermédiaires lisent les champs présents dans l'en-tête d'un paquet et peuvent ainsi le fractionner lorsque sa taille est supérieure à celle admise par un réseau. Un paquet peut être identifié comme non fragmentable.
Jusqu'à présent, IPv4 a permis de gérer la circulation de millions de données en unifiant les réseaux interconnectés. Mais l'explosion du nombre d'utilisateurs, comme celui des machines connectées ou des nouveaux besoins ont rendu plus évidentes ses limites (voir encadré) et précipité la nécessité de lui donner un successeur mieux adapté à l'Internet d'aujourd'hui et de demain.
Les limites d'IPv4
La croissance exponentielle d'Internet rend urgente la résolution des limites du protocole Internet version 4. Des informaticiens travaillent depuis plusieurs années à la version suivante : IPv6. Les problèmes de la version 4 d'IP sont de plusieurs ordres :
- Manque d'adresses IP. Actuellement de 32 bits, elles permettent un total d'environ 4 milliards d'adresses. Mais la demande d'adresses IP est très forte et ce nombre n'est pas suffisant, d'autant plus que c'est un maximum théorique, de nombreuses adresses étant inutilisables par le système d'allocation hiérarchique.
- Taille trop importante des tables de routage. La hiérarchie du routage n'y possède que trois niveaux (réseau, sous-réseau et machine) alors que les niveaux de hiérarchie d'un système de routage doivent être d'autant plus nombreux que le réseau est important. Le problème des tailles de routage a été en partie résolu par le CIDR (Classless Internet Domain Routing) ou supernetting, qui consiste, en agglomérant plusieurs adresses de classe C, à palier à l'épuisement des adresses de classe B.
- Manque de sécurité (le suivi, l'authentification et la confidentialité des paquet ne sont pas assurés)
- Absence d'indication claire du type de données transportées (il est donc impossible de déterminer le niveau d'urgence, ce qui est problématique surtout avec la diffusion par le réseau de sons et de vidéos).
IP fonctionne aussi en réseau local
Contrairement à ce que pourrait laisser croire son nom, le protocole IP n'est pas utilisé que pour les échanges de données par Internet. De nombreux réseaux privés l'utilisent, comme beaucoup de réseaux locaux. Ainsi Vines de Banyan qui est IP natif depuis sa première version, Netware, dans sa version 5 que Novell sort ce mois-ci, devient IP natif et facilite la migration de protocoles multiples vers IP, au rythme souhaité par les entreprises. Internet Protocol est aussi utilisé par LanServer d'IBM. NT Advanced Server PR est, lui, pseudo IP natif puisqu'il s'agit d'IP encapsulé.
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L'hommage des « Grands »
à François
Mitterrand
Vingt-cinq ans après la messe d'obsèques de De Gaulle,
Notre-Dame de Paris a accueilli hier matin soixante chefs d'Etat et de
gouvernement du monde entier pour un dernier hommage à François
Mitterrand. Cet office se déroulait en même temps que la messe
d'enterrement de l'ancien président, célébrée en l'église
de Jarnac.
Les yeux d'Helmut Kohl se sont remplis de larmes. Elles coulent lentement
sur ses joues alors que le De profundis résonne sous voûtes
de Notre-Dame. Le fidèle ami de François Mitterrand n'a pu
contenir son émotion pendant la cérémonie officielle. La
messe a commencé à 11h, au moment où une minute de silence
figeait partout en France écoles et administrations, à l'instant où
débutait la messe d'obsèques, à Jarnac. « On est
du pays de son enfance, et mon enfance, c'est la Charente » disait François
Mitterrand. Si l'ancien président a voulu des obsèques simples,
dans l'église où il a été baptisé, sur la
terre de ses ancêtres, la République a tenu à saluer sa mémoire.
Ils sont venus nombreux, chefs d'Etat et de gouvernement et personnalités
du monde entier, lui rendre un dernier hommage.
Pendant une heure, ils sont entrés
l'un après l'autre dans la cathédrale. Un ballet de voitures
officielles se déroulait sous l'oeil des trois à quatre mille
anonymes rassemblés sur le parvis. Seuls quelques centaines d'entre eux,
arrivés tôt, ont pu entrer. Parmi la soixantaine de chefs d'Etat et
de gouvernement, le président russe Boris Eltsine, le vice-président
américain Al Gore, le premier ministre israélien Shimon Peres,
mais aussi Fidel Castro, le prince Rainier, Hosni Moubarak, les rois Juan Carlos
d'Espagne et Norodom Sihanouk du Cambodge. La France était largement représentée
avec, outre le président Jacques Chirac et son épouse, le premier
ministre Alain Juppé, et le gouvernement au grand complet, l'ancien président
Valéry Giscard d'Estaing, la plupart des anciens premiers ministres, de
Jacques Chaban-Delmas à Edouard Balladur, ainsi que de nombreux
parlementaires et Claude Pompidou.
Dans la nef, la présence de tant de
rois, de présidents et de chefs de gouvernement dans les premiers rangs
rappelait immanquablement une autre messe célébrée en cette
même cathédrale, le 12 novembre 1970. Ce jour-là,
quatre-vingt chefs d'Etat et de gouvernement saluaient la mémoire du général
de Gaulle. Hier, ceux d'entre eux qui étaient déjà là
il y a vingt-cinq ans pensaient certainement à ce qui rapproche les deux
présidents, jusque dans la mort. Une disparition rapide après
avoir quitté l'Elysée, le refus d'obsèques nationales, un
enterrement sobre dans l'intimité, mais l'hommage de la Nation et des
grands de ce monde à Notre-Dame.
« Je suis né chrétien
et je mourrai sans doute dans cet état. Dans l'intervalle... »
Ainsi s'était un jour confié François Mitterrand. Hier, le
cardinal Jean-Marie Lustiger a rappelé que celui qui fût
pensionnaire des pères maristes de la rue de Vaugirard était
baptisé. C'est en lisant un texte de l'ancien président que
l'archevêque de Paris a commencé son homélie : «
Jamais peut-être le rapport à la mort n'a été si
pauvre qu'en ces temps de sécheresse spirituelle où les hommes,
pressés d'exister, paraissent éluder le mystère. Ils
ignorent qu'ils tarissent ainsi le goût de vivre d'une source essentielle.
»
Après une heure et demie d'une cérémonie sobre,
recueillie et émouvante, la cathédrale s'est vidée peu à
peu. Quelques personnes se sont approchées des chaises où se
tenaient quelques minutes plus tôt les officiels. Chacune a décollé
une étiquette portant le nom d'un « grand », puis est partie précipitamment,
tenant au creux de la main cet objet dérisoire devenu précieux
souvenir de l'ultime hommage à l'homme qui incarna les rêves des
petits et est aujourd'hui salué par les grands.
[
Jean Galfione, la pudeur
sous le papier glacé
des magazines
Jean Galfione, le champion de France de saut à la perche, est aussi
le chouchou des magazines de mode et le héros des jeunes filles. Mais
sous cette médiatisation se cache un jeune champion modeste et réservé.
Cet été, en couverture du magazine pour jeunes filles
Jeune & Jolie, une ravissante naïade en bikini se blottissait
dans les bras protecteurs d'un jeune et beau surfeur. Pourtant, le jeune homme
en question n'est pas un mannequin professionnel. A 24 ans, Jean Galfione est le
champion de France de saut à la perche, et est monté cet été
sur la troisième marche du podium des championnats du monde. Son statut
de meilleur Français de sa discipline explique la présence régulière
de son nom dans les journaux sportifs, mais pas les photos dans des magazines
ou les publicités pour Dior ou Renault. Cela, Jean Galfione sait qu'il le
doit à « cette silhouette harmonieusement musclée et à
cette gueule d'ange blond qui ravalerait Brad Pitt au rang de banal poupin américain
», selon l'admirative description d'une journaliste. « La
photo, c'est un peu un jeu. Des gens veulent médiatiser le sport, et j'ai
la chance de les intéresser... » avoue-t-il modestement. «
Jean est quelqu'un de beau, et il fait très attention à son
apparence », confirme Frédéric, un jeune perchiste.
La
pelouse du stade de l'Institut National du Sport et de l'Education Physique, au
coeur du bois de Vincennes, est recouverte par une fine pellicule de neige. Mais
l'athlétisme n'est pas un sport saisonnier. L'hiver, Jean Galfione, comme
les autres sportifs de haut niveau de l'INSEP, s'entraîne dur. Ses activités
annexes de mannequin ne doivent pas cacher le fait qu'il est avant tout un athlète.
Mais un athlète médiatique, donc un athlète connu. Et c'est
parce qu'il fait rêver la gent féminine que son image s'étale
sur les pages de papier glacé des magazines comme Le Figaro magazine,
Max, ou Voici. Pourtant, cette médiatisation cache un garçon
modeste, voire une personnalité réservée. « La
semaine dernière, Jean posait pour des photos, il n'aimait pas trop qu'on
le regarde. » poursuit Frédéric. Ce que confirme l'intéressé
: « Je ne leur en parle pas trop. Je ne me sens absolument pas différent
des autres, je ne veux pas faire la star. » Les autres perchistes
soulignent la modestie de Jean Galfione, mais aussi son côté réservé.
« Il est timide, réservé avec les gens qu'il ne connaît
pas. » confie l'un d'eux. Entre l'hiver dernier et fin juillet, le
champion de France a vécu de longs mois de doute, sa belle mécanique
rongée par des blessures à répétition et de mauvais
virus. Cette saison en enfer, il l'a enduré avec discrétion. «
Il essayait de cacher ses sentiments. C'est un garçon très réservé.
» se souvient Yves. Maurice Houvion, son entraîneur depuis six ans,
lui même ancien champion de perche, connaît bien la pudeur de Jean
et ce qu'elle cache. Pendant les longs mois de purgatoire, il était présent
aux côtés de son poulain, réconfortant dans les moments de
doute, encourageant quand la barre refusait désespérément
d'être franchie. « Maurice, on lui dit tout, c'est un peu notre père.
» explique encore Frédéric.
Discrétion,
modestie, pudeur, dans les périodes difficiles comme dans les plus éclatantes
victoires. En août dernier, à Göteborf, Jean Galfione décroche
la médaille de bronze des championnats du monde, augmentant encore son
aura auprès de ses co-équipiers dont il n'a jamais perdu l'estime.
Tous voient en lui un modèle, en particulier les plus jeunes. « Je
l'admire. C'est mon image, mon idole ! » avoue Frédéric, qui à
17 ans s'entraîne à l'INSEP depuis trois ans déjà en
rêvant de marcher dans le sillage de son talentueux aîné. Modèle,
idole, de quoi effrayer un jeune homme qui refuse d'avoir la grosse tête
malgré ses succès ? « Non, ça me fait plaisir »
lâche Jean Galfione en se souvenant de ses jeunes années, quand il
regardait avec admiration Pierre Quinon, champion olympique à Los Angeles
en 1984, qui n'était pas avare de conseils pour le débutant
d'alors. « Pierre était presque un grand frère pour nous.
Je veux aussi être un grand frère pour les plus jeunes. J'aime bien
discuter avec eux, les aider quand je peux. » Une attention qui n'a pas
de prix pour les plus jeunes : «
Récemment, j'ai discuté avec un jeune qui m'a avoué
qu'il avait été hyper content la première fois que je lui
ai dit bonjour. » Frédéric, lui, se remémore avec émerveillement
la séance d'entraînement pendant laquelle Jean lui a parlé
de ce qu'il faisait quand il avait son âge.
Alors, qui est le
vrai Jean Galfione ? Le jeune athlète au physique de jeune premier
d'Hollywood, à l'aise sous les projecteurs des studios de photographies,
qui fait la une des magazines, ou le jeune homme qui cache sous sa notoriété
un caractère réservé et pudique ? « Je suis peut-être
un faux timide. Je n'aime pas forcer les choses avec les gens. » avance
le jeune champion. «
Trouver des défauts à quelqu'un qu'on admire, c'est dur »
avoue Frédéric avant de conclure, évoquant les deux
facettes de son modèle : « Il est un peu étrange, on a du
mal à le cerner. C'est pour ça que j'aimerais passer une journée
seul avec lui. Je ne pense pas qu'il me décevrait ! »
[
Frédéric TADÉI :
«
je veux faire de la télé intelligente. »
Qui est Frédéric Tadéi ? Pas un fan d'interviews
en tous cas. Sur le petit écran, il co-présente depuis un an la
première partie de Nulle Part Ailleurs, tous les jours sur Canal + de
19h10 à 19h40. A 34 ans, c'est le sérieux du groupe, moins
rigolard, plus pince-sans-rire. Pourtant, c'est avec le sourire qu'il vous
accueille dans le vaste bureau ou campe l'équipe de Nulle Part Ailleurs
(NPA). Il prend possession d'une salle où le patron de la première
partie de NPA, Jérôme Bonaldi, finit de visionner un reportage.
A côté
de ses quatre co-animateurs, Frédéric semble plus calme, plus posé,
à tel point qu'on se demande ce qu'il est venu faire dans l'équipe
de NPA. Il rit franchement : « Ils sont venus me chercher ! Ils
cherchaient quelqu'un de très différent des quatre autres
animateurs, un mec plutôt urbain, branché, moderne. Je
correspondais. » Bien installé dans son fauteuil, il allume une
cigarette, et déniche avec peine un cendrier sous les piles de papiers et
d'objets qui encombrent la table. Au mur, une photo des trois stars de l'émission
: Philippe Gildas, Antoine de Caunes, et Jérôme Bonaldi. Pas facile
de débuter à la télé dans une émission animée
depuis sept ans par de tels professionnels ! Pourtant, il n'a même pas
fait d'essai, comme la plupart des gens qui débutent à l'antenne à
Canal. A peine stressé : « Ca reste bien sûr
impressionnant d'arriver à Canal, d'entrer dans le studio, et de me dire
que dans un mois je serais assis à la table. »
La discussion
devient sérieuse, presque insolite dans ce bureau où s'empilent
les gadgets qui seront présentés à l'antenne. Frédéric
Tadéi est lucide sur « la télé qui rend fou »
: « Peu de gens arrivent à faire de la télé sans
changer. Il faut avoir une personnalité très forte, être très
sûr de soi, avoir beaucoup de nerfs, car la pression est très
forte, même sur Canal +. » Lui, il veut être à la télé
comme il est en vrai. Même si souvent son attitude donne de lui une image
fausse.
L'entretien se termine par une séance photo. Frédéric
Tadéi ne les aime pas : « Je suis le cauchemar des photographes
! » Pour saisir sur la pellicule une attitude qui ne soit pas figée,
il faut le faire parler. Ca tombe bien, il est intarissable sur le monde où
il vit depuis un an. Il veut faire des choses intelligentes à la télé
: « Mon ambition est sans borne : expliquer des choses très
complexes (la théorie de la relativité par exemple) en trois
minutes. » Il a constaté que tous ceux qui font de la télé
se demandent s'il y a une vie après : « Arrêter ressemble à
une punition. C'est complètement con. » Il s'anime, ses mains
s'envolent. Clic-clac. Il sourit. Le voilà, le vrai Tadéi...
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